Mama Red

La quatrième :

Dans sa ferme de Caroline du Sud, Sarah élève seule un garçon qui n’est pas le sien. Veuve et sans le sou, elle craint de ne pas avoir l’instinct maternel nécessaire. Quand elle apprend qu’un garçon a gagné 680$ à la foire au bétail de 1951 grâce à un boeuf, elle inscrit son fils au concours et se procure un veau. La nuit suivante, à plusieurs kilomètres de là, la mère du veau brise sa clôture de barbelés et parvient à le rejoindre. Sarah décide de garder la vache, la baptise Mama Red et commence à observer les leçons d’amour maternel de l’animal. L’éleveur Luther Dobbins a lui aussi inscrit son fils au concours. Prêt à tout pour gagner, il inculque à son fils des valeurs viriles. N’est-il pourtant pas plus tendre, à l’intérieur ? Et qui se soucie du moment où ces garçons seront confrontés au destin ultime de leur animal ? Enhardie par son instinct maternel naissant, Sarah se destine elle aussi à la victoire. Mais sont-ils vraiment prêts à en assumer les conséquences ?



Aujourd’hui sort en librairie un roman bien particulier et j’espère de tout coeur vous convaincre de le lire. Mama Red a été une étonnante rencontre, une lecture inattendue faite grâce au Picabo River Book Club qui a mis sur ma route ce si singulier premier roman d’une autrice américaine, publié par une maison d’édition qui m’était alors totalement inconnue.

Pour moi, Mama Red n’est pas de ces romans qui s’offrent au lecteur dès les premières pages. Le style m’a paru parfois un peu aride, difficile de mettre le doigt sur ce qui m’a dérangée au début. Et les paragraphes où l’autrice adopte le point de vue de la maman vache (Mama Red) sont au départ assez déroutants. Il a fallu que je laisse le temps à l’histoire de m’imprégner, et surtout, à ses personnages de se développer et de se faire connaître. Et là …

Mais je vais maintenant te dire quelque chose, les mots de maman furent les premiers points d’un vêtement que j’allais porter jusqu’à la fin de mes jours. Et une fois ces points démarrés, ils sont allés bien au-delà de la couture. J’ai laissé les mots de maman élire domicile en moi. Ils sont en moi maintenant. Mais je veux pas qu’ils y soient.

Je vous mets au défi de parcourir ce roman sans vous attacher à tous ces humains sublimes. Sarah a très vite fait son chemin dans mon coeur, cette femme qui a été traitée comme une moins-que-rien toute son enfance et qui a fini par s’en convaincre. Elle élève, seule, sans le sou mais avec tellement d’amour et de dévotion, l’enfant d’une autre et elle va trouver de la force dans la figure de Mama Red, cette mère vache qui arrache des barrières pour retrouver son veau. Ce lien va lui permettre de se révéler en tant que mère et d’enfin se libérer du poids de son enfance.

Mais il y a aussi Emerson Bridge et LC, deux petits garçons dont le coeur ne demande qu’à s’ouvrir au monde. Luther, personnage si complexe, terrible et émouvant. Ike Thrasher, maladroit et mal à l’aise dans sa peau d’homme … des femmes et des hommes qui ont tant à nous apprendre.

Son père les traitait de païens parce qu’ils n’allaient dans aucune église, mais LC était plus clairvoyant. Il avait ressenti leur coeur. Et du haut de ses quelques petites années, il savait déjà où se trouvaient toutes les vérités.

C’est une grande histoire de parentalité, une histoire parfois absolument terrible. De bien des façons, tous les personnages de ce roman ont été malmenés par leurs parents – ils en sont devenus si fragiles qu’un coup de vent pourrait les briser. Et pourtant, ils sont là à se battre pour faire mieux, pour avancer, pour donner à d’autres ce qu’ils n’ont jamais eu. Si cette histoire parle magnifiquement des façons d’être parent, elle m’a surtout profondément émue par ce qu’elle dit sur la façon d’être enfant. Sur la résilience, sur comment faire son propre chemin dans ce monde en tâchant d’abandonner derrière soi le fardeau d’une enfance trop cruelle.

Roman aux multiples thématiques et aux imprévisibles dénouements, Mama Red est l’offrande faite au monde d’une autrice dotée d’un fabuleux grand coeur. Elle y honore son père et sa mère mais surtout, Mama Red, qui existe pour de bon et qui coule des jours heureux en Caroline du Sud. Un magnifique morceau d’humanité qui résonnera longtemps en moi – et une merveilleuse rencontre avec une grande dame.

Note finale : 8/10 ❤

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