L’ours et le rossignol – Katherine Arden

La quatrième : 

Au plus froid de l’hiver, Vassia adore par-dessus tout écouter, avec ses frères et sa soeur, les contes de Dounia, la vieille servante. Et plus particulièrement celui de Gel, ou Morozko, le démon aux yeux bleus, le roi de l’hiver. Mais, pour Vassia, ces histoires sont bien plus que cela. En effet, elle est la seule de la fratrie à voir les esprits protecteurs de la maison, à entendre l’appel insistant des sombres forces nichées au plus profond de la forêt. Ce qui n’est pas du goût de la nouvelle femme de son père, dévote acharnée, bien décidée à éradiquer de son foyer les superstitions ancestrales.



Plusieurs jours après avoir refermé ce roman, je me sens encore enveloppée dans l’atmosphère glaciale et magique de cette histoire si joliment tissée autour des mythes et du folklore russes. Lecture hivernale par excellence, Katherine Arden nous embarque avec elle en plein coeur des anciens territoires de la Rus’ septentrionale, où les contes tant aimés par les enfants de Piotr Vladimorovitch – comme celui du Roi de l’Hiver – vont très vite s’avérer bien plus réels qu’ils n’auraient pu l’imaginer.

Cette histoire est celle de Vassia, plus jeune fille de Piotr, enfant sauvage, aimée de sa famille et aimante, qui va peu à peu devenir une jeune femme libre, déterminée et fidèle à la terre et aux bois qui l’ont vue grandir. Une héroïne on ne peut plus attachante, icône féministe éprise de liberté, qui va se retrouver confrontée aux méfaits de l’idolâtrie et au destin plus que restreint des femmes de l’époque. Vassia, trop honnête et authentique pour rentrer dans le moule, capable de voir ce que d’autres ignorent, va très vite devenir la « sorcière » du village et s’attirer les foudres des dévots.

En fait, Vassia était encore gauche, mais son visage avait commencé à se former. Sa tête était encore trop crue et trop grande, sa bouche trop large et trop lippue. Mais elle était fascinante : les humeurs passaient comme des nuages sur la limpide eau verte de ses yeux et quelque chose dans ses mouvements, dans le dessin de son cou et de ses cheveux nattés accrochait l’oeil et le captait. Lorsque la lumière saisissait ses cheveux noirs, elle ne se teintait par de bronze comme avec Marina, mais d’un rouge sombre, comme des grenats capturés par ses mèches soyeuses.

Katherine Arden reprend dans son histoire le thème malheureusement bien connu du combat des religions populaires face à la vague destructrice d’un monothéisme aveugle, et elle lie si bien cette thématique à la terre, aux hommes qui l’habitent et à cette forme merveilleuse de magie de la nature que ce conflit sempiternel n’en prend que plus de force et nous révolte profondément.

Cependant je dois bien avouer que l’histoire tire en longueur. Pendant un bon tiers du roman, j’avais l’impression d’être juste dans l’attente. La situation se dégrade petit à petit mais on n’en reste pas moins dans l’expectative d’un véritable retournement de situation, qu’on pressent longtemps avant qu’il n’arrive. Heureusement, la fin rattrape cette longue attente. C’est à la fois poétique, épique et mythique, avec un final qui promet de grandes aventures dans le tome suivant. Je regrette vraiment le manque de rythme au coeur de l’histoire mais j’ai hâte de retrouver Vassia et la jolie plume de Katherine Arden dans le tome suivant.

Note finale : 7/10

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