Les accoucheuses t.1 – Anne-Marie Sicotte

La quatrième : 

Faubourg Sainte-Anne, Montréal, 1845. En pleine nuit, une sage-femme et sa fille vont accompagner une femme dans sa délivrance. À seize ans, Flavie entreprend ainsi l’apprentissage du métier d’accoucheuse auprès de Léonie, sa mère, qui caresse d’audacieux projets : la fondation d’un refuge pour femmes enceintes démunies et celle d’une école de sages-femmes. À l’instar de Simon, le père de Flavie, la société de l’époque, placée sous le règne tyrannique de la pudeur, est rebutée par ces nouveautés. Les membres du clergé se méfient comme de la peste de l’esprit d’entreprise de Léonie et de ses collègues. De leur côté, les médecins engagent une lutte de pouvoir afin de ravir leur clientèle aux sages-femmes. Séparés par un large fossé, les univers masculin et féminin ne se rejoindront qu’au moyen de trop fragiles passerelles, celles du respect et de l’amour.



Il y a des années, je croisais ce titre au cours d’une flânerie en librairie et il avait tapé en plein dans le mille de mon amour pour les sagas historiques. L’occasion était trop belle quand Octave livresque a lancé une idée de lecture commune sur Instagram pour le mois d’octobre, et j’ai donc enfin pu découvrir cet épais premier tome.

Bien que je ressorte un peu mitigée de cette découverte, c’était tout de même un bon moment de lecture automnale. Plonger pendant plus de 800 pages dans la vie de sages-femmes en plein Canada près de 200 ans avant notre époque, c’est pour moi absolument idéal pour la saison ! En suivant Léonie, sage-femme expérimentée, et sa jeune fille Flavie, adolescente passionnée par le métier et prête à tout pour se former, on en apprend énormément sur la vie au Canada à l’époque, sur la condition des femmes, sur l’essor de la médecine et aussi sur l’histoire de la fondation de ce pays. C’est riche et immersif, et au début j’étais vraiment emballée par le discours profondément féministe de ce roman.

La pureté des jeunes filles est devenue dans certains milieux si importante ! La virginité est une fabuleuse parure, et sans elle, même la plus intéressante jeune fille ne vaut plus rien …

C’est en effet une véritable ode au courage et à l’intelligence des femmes qui, au XIXe siècle, devaient se battre pour s’élever à la hauteur de leurs ambitions et pour se faire une place dans ce monde d’hommes. Cependant, l’autrice insiste beaucoup trop lourdement sur ce sujet. J’ai été dérangée par les dialogues qui semblaient bien souvent être plus un prétexte à dépeindre la situation des femmes de l’époque qu’autre chose, et qui, de fait, paraissaient assez peu naturels. Qui plus est, du fait de la taille du roman et de la récurrence des nombreux débats sur le sujet, on finit, à mon plus grand désarroi, par s’en lasser … Sans compter qu’il y a dans tout cela une part de naïveté qui nuit à l’authenticité. Je ne doute pas que certaines femmes à cette époque se révoltaient contre leur condition, que de nombreux mouvements féministes se créaient et que c’était une grande époque de changements, mais parfois on en vient à se demander si ce révoltant écart entre les hommes et les femmes était aussi constamment questionné par les membres de la société de l’époque. En tout cas, en suivant des femmes aussi indépendantes que Léonie, Cécile et Flavie, on en vient à penser que ce type de personnalité était la norme alors que ce n’était sans doute pas le cas – beaucoup de femmes, élevées dans l’idée qu’elles étaient faibles et inférieures, ne remettaient pas aussi aisément ces affirmations en question.

D’après lui, la gestion d’une telle école est au-dessus des forces féminines. Si le cerveau de la femme est plus petit, son système nerveux est par contre beaucoup plus complexe que celui de l’homme. Les émotions sont donc toujours plus véhémentes chez la femme et, puisque son cerveau les contrôle moins bien, elle est dominée par ses passions plutôt que par la raison.

Cependant, l’autrice dénonce tout de même très bien les excès de machisme de l’époque et cette mainmise des hommes sur les sciences et surtout, sur la médecine. Il était alors hautement improbable qu’une femme devienne médecin (vraiment, quelle bonne blague !). Qu’elle assiste à des dissections paraissait tellement anti-naturel ! Et Les accoucheuses est aussi dénonciation virulente de l’église et de la place d’inférieure accordée par la religion chrétienne à la femme. Je suis ressortie de cette lecture pleine de reconnaissance pour tout ce que le XXe siècle nous a (enfin !) donné et pour toutes les femmes qui se sont battues pour nous.

J’ai beaucoup aimé la femme forte qu’est Léonie mais aussi la jeune fille tempétueuse qu’est Flavie. C’est vraiment l’adolescente dans toute sa splendeur, un peu trop vive dans ses émotions mais authentique et pleine de vie et d’ambition. Ses amours m’ont parfois attendrie, parfois dérangée (les scènes de sexe trop rapprochées de la fin n’étaient vraiment pas de mon goût). Mais c’est une belle galerie de personnages, humains et passionnés. Je ne sais pas si je poursuivrai cette série mais je pense qu’elle peut en séduire plus d’un !

Note finale : 6/10

1 réflexion sur « Les accoucheuses t.1 – Anne-Marie Sicotte »

  1. J’avais entendu parler de ce roman il y a bien longtemps et j’avais même commencé ma lecture pour finalement passer à autre chose je ne sais pourquoi x.x Pourtant ma lecture avait très bien commencé ! Du coup je suis contente d’être tombée sur ta chronique qui me remet à l’esprit le roman 😀

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