Sans lendemain – Jake Hinkson

La quatrième : 

Billie Dixon sillonne les coins les plus reculés du Midwest des années 1940, où elle tente de vendre des films de seconde zone aux salles de cinéma locales. Il faut bien vivre. Jusqu’à ce que dans un bled paumé de l’Arkansas, un prédicateur fanatique s’en prenne à elle, bien décidé à bouter hors de la ville tout ce qui ressemble à du cinéma. Billie aimerait le convaincre de changer d’avis, mais les choses se compliquent lorsqu’elle commence à se sentir attirée par Amberly, l’épouse du pasteur. Un désir qui va la conduire à s’emmêler dans un filet de mensonges et de supercheries, jusqu’à l’inévitable point de non-retour.



Dément.

Ce roman de Jake Hinkson est DÉ-MENT.

Tout comme dans L’enfer de Church Street, qui m’avait déjà bien emballée, l’auteur fait preuve d’une absolue maîtrise du roman noir court et intense – un espresso de la littérature en somme ! -, de l’histoire qui part totalement en sucette très vite et qui nous emporte dans son délire, sans qu’on puisse soupçonner jusqu’à quelles extrémités l’auteur va nous mener.

« N’allez pas dans l’Arkansas ». Billie Dixon était pourtant prévenue dès la première ligne du roman. Et pourtant, elle devait bien y aller pour essayer de vendre ses films de seconde zone – la vie est dure à la fin des années 40. Mais quand elle va croiser le chemin d’Amberly, sublime épouse d’un pasteur farouchement opposé au cinéma, son destin va totalement basculer. En quelques pages, cette violente passion va prendre les rênes de la vie de Billie, l’emmenant toujours plus loin sur la route de la perdition. 

Le pasteur était animé des meilleures intentions, je crois. C’était juste un vieil ignare qui gagne sa vie en vendant la rédemption à une bande de pigeons. Peut-être que la seule manière pour lui de s’en tirer était de se convaincre lui-même que c’était vrai. Mais je ne suis pas naïve. Je ne l’ai jamais été. Chacun fait ses choix, et ils ont des conséquences. Il n’y a rien d’autre à savoir. Tout le reste, la religion, la rédemption, tout ça, ce ne sont que des âneries.

Ce livre merveilleux se dévore en une petite poignée d’heures – absolument impossible à lâcher ! Mais bien plus qu’un « simple » divertissement, c’est aussi une brillante dénonciation de la société américaine de cette époque, mettant en lumière les dérives auxquelles sont encore aujourd’hui confrontés les habitants de ce pays trop plein d’extrêmes. Hautement féministe, Sans lendemain reprend aussi l’un des éléments centraux de l’oeuvre de Jake Hinkson, à savoir la critique virulente et sans concession de la religion, de son hypocrisie et de ses dangers.

Les personnages autour de Billie semblent passer comme dans un tourbillon et pourtant ils laissent une trace indélébile dans notre esprit, depuis bien sûr la trop belle Amberly et le terrible pasteur, jusqu’au propriétaire du cinéma en passant surtout par cet improbable duo : le « shérif » Eustace et sa soeur et « assistante » Lucy. Rien que pour ces deux-là, le roman vaut son statut de coup de coeur.

Parce que c’est bel et bien un vrai coup de coeur, sans une ombre au tableau, sans rien à redire à cet incroyable talent pour le roman noir, un peu trash mais juste ce qu’il faut avec surtout une réflexion de fond sur la société qui secoue dans les chaumières. Jouissif et exaltant, à dévorer cet automne !

Note finale : 10/10 ❤ 

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