Le ciel par-dessus le toit – Nathacha Appanah

La quatrième : 

«Sa mère et sa sœur savent que Loup dort en prison, même si le mot juste c’est maison d’arrêt mais qu’est-ce que ça peut faire les mots justes quand il y a des barreaux aux fenêtres, une porte en métal avec œilleton et toutes ces choses qui ne se trouvent qu’entre les murs.
Elles imaginent ce que c’est que de dormir en taule à dix-sept ans mais personne, vraiment, ne peut imaginer les soirs dans ces endroits-là.»

Comme dans le poème de Verlaine auquel le titre fait référence, ce roman griffé de tant d’éclats de noirceur nous transporte pourtant par la grâce de l’écriture de Nathacha Appanah vers une lumière tombée d’un ciel si bleu, si calme, vers cette éternelle douceur qui lie une famille au-delà des drames.



Ce roman a été ma première lecture de la rentrée littéraire, et on peut malheureusement parler de faux départ ! Ce roman a glissé sur moi comme la pluie sur les plumes d’un canard. Pour être tout à fait juste, je dois préciser que je n’étais peut-être pas dans la meilleure disposition d’esprit pour le découvrir, j’avais mille pensées en tête, j’étais stressée et pas extrêmement concentrée. Mais une belle plume ou une histoire forte auraient pu justement me déconnecter d’avec mes pensées, ce qui ne fut pas le cas.

Parfois, on aimerait savoir, n’est-ce pas, la nature exacte des paroles : leur poids sur les âmes, leur action insidieuse sur les pensées, leur durée de vie, si elles sucrent ou rendent  amers les coeurs.

L’histoire de famille de Phénix, Paloma et Loup n’est pas pour autant une mauvaise histoire, il y a quelques éclats de beauté et la plongée dans l’esprit de Phénix et dans ses souvenirs est parfois sublime d’humanité. Mais pour moi, tout cela était bien trop court. 124 pages pour tellement de sujets abordés, et pour trois personnalités si denses et complexes. J’ai toujours un peu de mal avec les romans très courts, et particulièrement celui-ci, qui aurait pu être sublime s’il avait pris deux ou trois cents pages de plus. Je commençais à peine à m’intéresser à ce trio mère-enfants hors normes qu’il a fallu les quitter.

Et surtout, la plume de l’autrice ne m’a pas vraiment convaincue … Elle a tendance à faire des listes d’adjectifs ou de verbes, à surutiliser la virgule et ça m’a agacée. « Phénix est plus grande que Paloma, plus forte, plus rousse, plus belle, plus tatouée, plus écorchée » – « Ils trouveraient le moyen de grandir, de s’épanouir, de se respecter » … C’est un procédé que j’apprécie parfois beaucoup mais ici, c’était bien trop récurrent.

Je reste sur un bilan mitigé mais tout de même intriguée par cette autrice, peut-être que je lirai prochainement Tropique de la violence, son avant-dernier roman qui a remporté de très nombreux prix, pour voir si j’y trouve ce qui n’est qu’en germes dans cette courte histoire.

Note finale : 6/10

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