Quand le dormeur s’éveillera – H. G. Wells

La quatrième : 

Tombé en catalepsie par excès de travail et d’insomnie, Graham se réveille dans une cage translucide, sous l’œil perplexe d’étranges gardiens. Combien de temps a-t-il dormi ? Autour de lui, tout a changé. Enfermée sous un dôme immense, Londres est devenue une termitière humaine parcourue de voies mouvantes, abrutie par des hauts-parleurs abreuvant la foule.

Graham, peu à peu, comprend que deux siècles ont passé depuis son accident et qu’il est devenu, à son insu, le plus haut personnage du nouveau monde. Et si les merveilles qu’on lui présente n’étaient que des leurres destinés à lui dissimuler l’envers de cette société surévoluée ?



Il y a des classiques intemporels qui traversent les âges sans prendre une ride et d’autres qui sont plus un témoin de leur époque qu’une oeuvre universelle … malheureusement, pour moi, ce texte de Wells fait partie de la seconde catégorie.

Pourtant ma lecture avait bien commencé, j’étais terriblement intriguée par le réveil de cet homme du XIXe siècle après deux siècles de sommeil et par les secrets qui l’entouraient. Mais la lecture m’a rapidement ennuyée … Le style de Wells est lourd, les descriptions, confuses et peu lisibles. J’ai eu un mal fou à m’immerger dans ce Londres du XXIIe siècle, à me le représenter. Et le rythme est assez inégal. Vers le milieu du roman, j’ai vraiment failli arrêter mais heureusement, arrivé aux 2/3, l’intrigue reprend une vraie consistance, ce qui m’a fait tenir jusqu’à une fin … pour le moins pleine d’interrogations !

« – Le temps de la démocratie est passé (…). Aujourd’hui, c’est l’époque de la richesse. La richesse, à l’heure actuelle, a acquis une force qu’elle n’avait jamais eue encore … Elle commande à la terre, à la mer et au ciel. »

Bien sûr, comme beaucoup d’ouvrages de science-fiction, Le dormeur est avant tout une réflexion sur la société et sur l’humain, même s’il s’amuse aussi à imaginer des futures machines comme les aéroplanes et le cinétotéléphotographe. H.G. Wells aurait été un socialiste convaincu, et on retrouve ses pensées magnifiées dans ce récit d’anticipation. Ce roman est une virulente critique du capitalisme et de ses excès. Il se sert d’évidentes exagérations pour ça mais il y a tout de même des scènes qui font froid dans le dos, qui ne sont pas sans rappeler le XXe siècle et tous ses ouvriers sacrifiés sur l’autel de la productivité. Publié pour la première fois en 1899, c’est un ouvrage qui reflète les peurs de cette fin de siècle mais aussi de grands espoirs de liberté et d’égalité.

Les robustes artisans du XIXe siècle avaient disparu par le même chemin que la bête de somme et tous les producteurs vivants de force ; quelque adroite machine tenait lieu maintenant, à meilleur compte, de leurs muscles trop coûteux. Le rôle du travailleur, homme ou femme, se réduisait à surveiller, à réparer, à alimenter la machine, à remplir des fonctions subalternes, dépendantes ou domestiques, ou à exercer un art, sous une direction globale, avec une discipline qui ne laisse place pour aucune initiative.

Si ce classique ne m’a pas convaincue personnellement, je dois cependant bien reconnaître qu’il est sans aucun doute une oeuvre importante pour comprendre à la fois la pensée de l’auteur, l’époque à laquelle il vivait et les racines de la science-fiction. Wells était intimement persuadé que la littérature était un moyen de changer les hommes, et ça ressent profondément dans cette histoire.

Et petit détail mais non des moindres : la collection Galaxie du Castor Astral met magnifiquement en valeur ce texte, avec de nombreuses gravures et une mise en page très agréable. Un point important à préciser puisque j’ai lu ce roman dans le cadre du challenge #Varionsleséditions !

Note finale : 5/10

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