Un long chemin – Herbjorg Wassmo

La quatrième : 

Pendant l’hiver 1944-1945, dans l’extrême nord de la Norvège sous occupation allemande. Un enfant de cinq ans, sa mère et son père fuient par les montagnes pour gagner la Suède. Le père, résistant, ne peut plus dissimuler ses activités de passeur. Il entreprend avec sa famille, inexpérimentée et sans équipement, de rejoindre la frontière par le chemin le plus difficile, le chemin de la liberté. Fuir la guerre, par -30°C, faire face à la peur, au désespoir et à l’épuisement, aux membres gelés et aux mirages. Un récit tout en retenue pour rendre hommage aux héros anonymes, lever un coin du voile sur le sort que les guerres réservent aux gens ordinaires, aux hommes, aux femmes et aux enfants.



J’ai mis beaucoup de temps à lire ce court livre de 150 pages, je ne l’ai pas démarré à la bonne période parce que j’avais déjà le cerveau un peu obstrué par le stress et que c’est une lecture assez exigeante, surtout lors des premiers chapitres. Cette narration à la troisième personne qui change régulièrement de point de vue est parfois perturbante, en tout cas ce n’est pas assez léger pour être lu avec la tête ailleurs ! Mais finalement, je ne suis pas mécontente de l’avoir lu sur une plus longue période, j’ai l’impression qu’il m’a imprégnée plus profondément. Un récit aussi douloureux, basé sur des faits réels, se doit d’être respecté.

« Le monde bascule et devient effrayant quand il comprend que c’est papa qui pleure. (…) Il n’a jamais vu ni entendu papa pleurer. Et l’image de la guerre se noie dans cette chose affreuse que sont les larmes de son père. »

Ce long chemin est celui de gens ordinaires durant la guerre, un chemin de fuite, un chemin de (non-)retour. Fuir au péril de sa vie fut et sera le lot de millions de gens non seulement pendant la Seconde Guerre Mondiale mais pendant toutes les guerres d’hier et d’aujourd’hui. Cette histoire est leur histoire à tous. Tenir bon pour l’amour d’un fils ou d’un mari, continuer à avancer malgré l’ombre de la mort derrière et devant soi, et parfois sombrer dans le désespoir le plus total, celui qui laisse à tout jamais des traces profondes dans l’âme.

« Il rit un peu chaque fois qu’il est sur le point de tomber. Mais il sait bien, et les autres aussi, qu’il n’y a pas de quoi rire. L’humour noir est une sorte de bouclier contre la souffrance et la peur du lendemain. Personne n’y touche. Tout le monde sait à quel point la résistance peut être fragile et faire place à un sentiment d’impuissance. »

Je n’ai pas tout à fait retrouvé la prose magique de cette autrice que j’ai adoré dans Cent ans et La véranda aveugle, mais j’y ai sans nul doute retrouvé l’intensité et la profondeur des sentiments humains. Il y a toujours dans les romans de Herbjorg Wassmo une force brute qui vous secoue jusqu’au plus profond de votre être, une façon de parler de la vie et de l’existence humaine tellement universelle qu’on a l’impression qu’elle parle de nous et de nos ancêtres. Je suis ravie de continuer à découvrir l’oeuvre d’une autrice exceptionnelle et si ce n’est pas mon ouvrage favori jusqu’ici, il faut bien admettre qu’elle a ajouté ici une magnifique pierre à l’édifice de mémoire, et bien que difficile, c’est un chemin que je vous invite à parcourir vous-même.

Note finale : 7/10

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