Quatre lettres d’amour – Niall Williams

La quatrième :

… Eh non, je ne vous mets pas la quatrième de couverture cette fois-ci, parce que c’est une véritable catastrophe, elle explique tout ce qui se passe à la toute fin du roman, et n’est de fait pas du tout un bon reflet de l’ensemble du roman. En résumé, on suit l’enfance et la jeunesse de deux Irlandais, Isabel et Nicholas, et on découvre au fil des pages deux destins marqués par les drames, les amours, les révélations, les rencontres, tout ce qui fait que deux routes peuvent finir par se croiser sans crier gare.



Je me retrouve un peu embêtée à devoir parler de ce roman parce que le bilan final, dans ma tête, est très confus. J’ai passé toute cette lecture à ne pas trop savoir qu’en penser – est-ce que c’est magnifiquement écrit ou extrêmement pompeux ? Est-ce que l’histoire est entraînante ou dépourvue de sens ? Où l’auteur a voulu nous guider ?

Commençons par le style. Il y a en effet des passages très beaux, très poétiques, surtout quand l’auteur nous parle non pas des personnages et de leurs états d’âme, mais de cette si belle, si sauvage, si impétueuse Irlande. C’est le fil conducteur du roman qui m’a permis de tenir jusqu’au bout, cette sensation d’être en plein coeur de ce vert pays, ballotée par les vents, aspirée par la mer tumultueuse.

« Les mots ne semblaient pas de mise sur cette route du Connemara, en ce lieu tellement enraciné dans le vent et le silence, que même la route y passait lentement sans escale. Le monde était ailleurs, avec son mouvement et son bruit. Ici, tout n’était que solitude et calme impressionnants. »

Mais en parallèle, l’auteur use et abuse de superlatifs, de métaphores et d’envolées lyriques qui, plus d’une fois, m’ont fait lever les yeux au ciel. Des passages comme celui-ci, par exemple : « alors, comme un homme qui se lézarde, Peader O’Luing sentit ses genoux ployer, il soupira, se tourna vers elle, sa main rouge tendue pour trouver son visage, et il alla enfin s’échouer sur l’île de son baiser. » … Too much ! Dans un recueil de poésie, ce type de phrases m’aurait peut-être convaincue, mais dans un roman, où on trouve mille occurrences de ce type, ça m’a vraiment fatiguée. Impossible du coup de m’attacher aux personnages qui m’ont paru beaucoup trop irréels, avec leurs réflexions sur la vie bien trop oniriques pour être vraies. A petites doses, je suis sûre que ç’aurait pu être percutant et renversant, mais trop, c’est trop.

Je n’ai pas compris le personnage du père de Nicholas, la destinée de sa mère, et de même, les choix des parents d’Isabel m’ont souvent paru bien étranges. Quant à la fin … j’ai eu l’impression qu’elle n’avait rien à voir avec le reste du roman. Ça m’a paru tomber comme un cheveu sur la soupe. Ce qu’il advient de Sean est totalement absurde, on ne sait pas bien comment on en arrive là, et l’ultime rencontre semble précipitée, forcée, comme s’il fallait que ça finisse comme ça dans la tête de l’auteur mais que des étapes capitales avaient été sautées dans le processus d’écriture.

Bref, je pense être passée totalement à côté de ce roman, mais j’en retiens tout de même cette incroyable atmosphère irlandaise, qui prend aux tripes et donne furieusement envie d’aller marcher des heures sous une pluie battante et de fuir sur une petite île perdue loin des tourments du monde …

Note finale : 4/10

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